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La chute de la maison blanche



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L’année commence mal pour le Real Madrid. Tenus en échec par Villareal jeudi, les madrilènes ont perdu à domicile contre la Real Sociedad et sortent de la zone Ligue des Champions. Une défaite logique sur le terrain et révélatrice des difficultés que connait le triple champion d’Europe en titre depuis quelques temps. Imanol Alguacil, fraîchement nommé à la tête de la Real Sociedad, fait remonter les Basques à la 11e place.

Le film du match

Dès l’entame du match, Casemiro provoque un pénalty évitable en bousculant Merino sur le côté de la surface. Sans trembler, Willian José transforme l’offrande pour permettre aux Basques de mener dès la 3e minute. Le match tombe immédiatement dans un faux-rythme : d’un côté, des visiteurs désirant conserver l’avantage pour se rassurer au classement ; de l’autre un Real incapable de mettre du rythme et coupable de trop nombreuses approximations. La relation technique entre Modric et Lucas Vasquez peut se résumer en deux ballons aux alentours de la demi-heure de jeu : le premier donné en profondeur sans que Vasquez ne fasse d’appel, le second servi en retrait trop mollement.

La première mi-temps s’achevant sur une occasion de Lucas Vasquez sur le poteau, le retour des vestiaires laisse espérer un réveil du Real. Il n’en est rien. Signe d’une incapacité à apprendre de leurs erreurs, les Madrilènes se retrouvent réduits à dix dès l’heure de jeu, Lucas Vasquez écopant d’un deuxième carton jaune pour un geste en retard dans le rond central sur Merino, encore lui, et ce alors que Kroos était venu le suppléer. Un immense sentiment de gâchis alors que la Sociedad tarde à prendre le large : après deux contres mal négociés à la 70e et la 74e, Willian José trouve d’un centre subtil Ruben Pardo, absolument seul au second poteau, qui marque de la tête (83e). Après quelques molles tentatives merengue et un incroyable raté de Willian José seul face au gardien, les coéquipiers de Courtois s’inclinent malgré 60% de possession de balle et 28 tirs (8 cadrés).

Faillite collective

Difficile de prétendre qu’il s’agit d’un simple coup de moins bien « post-Mondial des clubs », ni de se réfugier derrière la performance XXL de Rulli, au vu de la première moitié de saison du club merengue. Avec cette 6e défaite en 18 journées (une première depuis la saison 2008-2009, juste avant l’arrivée de CR7…), le Real est délogé de la quatrième place par Alavès. Dominateur dans les statistiques, l’impression visuelle est bien moins flagrante tant les joueurs ne communiquent pas entre eux et semblent à la peine, sans envie. Les efforts ne sont pas faits, les tacles mal appliqués (seulement 60% de tacles réussis). La faillite des cadres est également inquiétante : le Ballon d’Or Modric a semblé manqué de leadership et n’a pas su réguler l’animation offensive, tandis que Marcelo a manqué de tranchant. Les deux hommes ont été par ailleurs été avertis, signe d’une certaine fébrilité. Transparent et fautif sur le premier but, Casemiro a été remplacé avant l’heure de jeu.

Une seule éclaircie subsistait dans le jeu du Real : Vinicius Junior. Récement évoqué par Marcos Senna dans une interview, qui désirait ne pas lui faire franchir les étapes trop vite, l’attaquant de 18 ans était titulaire pour ce match en l’absence de Bale, blessé pour la 20e fois (!) depuis son arrivée en Espagne. Il a été le seul à mettre de la vitesse côté Madrid, à faire vivre le ballon par ses dribles (12 tentés, soit plus que n’importe quel joueur du Real au cours d’un match de championnat cette saison), ses passes et ses frappes. Il drible toute la défense basque avant de manquer sa frappe (50e), est crocheté par Rulli sans obtenir de pénalty (65e) puis voit son centre-tir fuir la lucarne (78e) Insuffisant au sein d’une équipe sclérosée, sans idée.

Les hivers difficiles de la Maison Blanche

Avant cette défaite, les Merengue comptaient déjà 7 points de retard sur le leader barcelonais. Une mauvaise habitude puisqu’en 2014 et 2016, la Maison Blanche entamait l’hiver avec 5 et 4 points de retard sur la tête du classement. Pire, à l’entrée des années 2013 et 2018, Madrid comptait 16 points de retard… En 2013, la saison avait mal terminée avec la fin de l’ère Mourinho et un échec en demi-finale de C1 pour la troisième fois consécutive. L’an dernier, les problèmes au sein du vestiaire des hommes de Zidane étaient déjà bien connus, et tous les observateurs parlaient d’une équipe en fin de cycle. En roue libre en championnat, l’entraineur français avait alors su porter ses hommes pour remporter une troisième Ligue des Champions de suite, avant de partir. Zidane comme le Real avaient besoin de renouveau. Force est de constater que le mercato décevant n’a pas amené ce nouveau souffle attendu au sein de la Maison Blanche. Les conséquences sont là…