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Le Frisson anglais

En Angleterre plus qu’ailleurs, le combat fait foi et dicte sa loi. Dans un championnat où l’on se promet l’enfer chaque semaine, les stades pleins, semblable à des arènes, voient s’époumoner des milliers de supporters dont la vie se résume pour la plupart à un écusson. L’ambiance y est particulière, la pelouse en parfait état. La bière coule à flot quelques instants avant le coup d’envoi et bien des heures après une victoire. Ou une défaite. Qu’importe le jeu, tant que l’on a l’ivresse. L’ivresse du football j’entends.


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Un club plus que les autres aura marqué de son emprunte ce championnat, en faisant évoluer pour la première fois le très caractéristique jeu anglais. Né un soir de décembre 1886, dans l’imaginaire d’ouvriers d’une manufacture d’armes, Arsenal ne pouvait-être tailler que pour lutter. Car si ce championnat est une guerre, Arsenal en était le canon.

Le football était alors typiquement rugueux. Mais l’idée germa de développer un jeu léché, rapide, fluide et instinctif. Arsenal adopta alors une identité nouvelle, s’émancipant du style brut de ses voisins anglais, ne souhaitant plus être le taureau qui charge, mais le toréro qui évite, qui ébloui par le geste, dont le but est l’efficacité bien sûr, mais avant tout l’esthétisme.


Oui, Arsenal a marqué l’histoire. Mais il n’est pas le seul club à l’avoir fait, côtoyant dans un même championnat le grand Manchester United, son éblouissant voisin de City ou encore le renversant Liverpool. Nous avons tous, passionné de football que nous sommes, un moment qui définit chacune de ces équipes. C’était le 26 mai 1999 pour les Reds Devil, quand Teddy Sheringham, à la 91e minute d’une finale européenne, fit se lever une première fois les supporters mancuniens, avant que 2 minutes plus tard et à quelques secondes d’un coup de sifflet final synonyme de prolongation, le norvégien Ole Gunnar Solskjaer ne terrasse du pied droit le Bayern Munich, 2 buts à 1.

Pour Manchester City, c’est un après-midi de mai 2012 qui restera à jamais gravée dans les mémoires collectives. Une victoire 3-2 face à Queens Park Rangers, et un but de Sergio « Kun » Aguero, qui offrit le titre de Champion d’Angleterre au nez et à la barbe du voisin United, dans les ultimes secondes du dernier match de la saison. Au bout de cette 38ième journée, l’Angleterre allait ainsi se parer de bleu ciel pour célébrer un champion que l’on attendait plus.

Liver Bird flanqué sur le cœur, les Reds de Liverpool auront eux aussi rendu indélébile leur trace dans le grand livre du football. La similarité sonore avec Istanbul ne pouvait que laisser présager d’une nuit irréelle, qui fit une entrée fracassante dans l’histoire. Mené 3-0 par le Milan AC, à la mi-temps de la finale de la Ligue des Champions 2005, les Reds sont allés décrocher un 5ème titre de champion d’Europe, au bout du suspense des pénaltys, sans que jamais ne se consume l’espoir. Cette équipe ne marchera définitivement jamais seul.


C’est bien cela qui définit l’ADN du football anglais. Ne jamais renoncer. Ne pas rendre les armes, et se laissé guider par l’idée que l’espoir meurt en dernier, et que le football est avant tout un jeu. Alors jouons. Pour la beauté de ce sport, mais surtout, pour notre plus grand bonheur.