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FocusOn Arsenal v Everton

Le ciel est grisâtre sur Londres, en cette fin d’après-midi de septembre. Cette cendre froide qui semble s’émaner des nuages contraste avec l’ardente frénésie qui s’étend juste au-dessous d’elle, dans le nord et l’est de la ville. La capitale anglaise est en effet le théâtre des deux derniers matchs de cette sixième journée de Premier League : un derby pour susciter la passion, puis un match à l’accoutumé spectaculaire en guise de grand final. FocusOn vous propose cette semaine l’analyse d’Arsenal – Everton, dernier acte d’une journée sur lequel le rideau s’apprête à tomber.


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Besoin de points

Arsenal contre Everton. Si la rencontre a de quoi ravir les fans de football anglais, elle revêt avant tout une importance capitale pour les deux équipes : 10ème du classement, les Toffees espéreront ne pas basculer dans la mauvaise partie du classement tandis que les Gunners, 7ème, se devront de gagner pour ne pas perdre de vue une potentielle place européenne. Malgré quatre points engrangés sur les six possibles lors des deux premières journées, l’équipe de la Mersey ne trouve désormais plus qu’à tâtons la formule du succès, enchaînant, avant sa venue à Londres, deux matchs nuls et une défaite. A l’inverse des Gunners, qui eux restent sur quatre victoires en autant de matchs : trois en championnat et une dernière pour le compte de l’Europa League jeudi dernier, face aux Ukrainiens du FC Vorskla Poltava 4 buts à 2.

Le match

Si la dynamique actuelle des deux équipes donne Arsenal favori, c’est pourtant bien Everton qui entre le mieux dans la rencontre. En opposant au jeu stérile des Gunners un pressing haut, les Toffees surprennent dès les premiers instants de la partie la défense londonienne, poussant Petr Cech à la parade (1’). Les premières minutes qui s’égrènent sur l’horloge de l’ancien stade d’Highbury seront le parfait reflet des 56 prochaines : les pensionnaires de Goodison Park proposent aux Gunners un combat que ces derniers ne semblent pas en mesure de relever. Engagement, pressing, agressivité, tout y est pour faire déjouer leur adversaire du jour. Seule l’inefficacité machinale devant le but des joueurs offensifs que sont Calvert-Lewin, Richarlison ou Theo Walcott viendra ternir la solide prestation de leur équipe.

Le talent lui, était rouge et blanc

Si les joueurs d’Arsenal n’ont techniquement rien à envier à leur adversaire, les partenaires de Petr Cech n’ont cependant pas semblé prendre la mesure du combat à mener pour s’adjuger la victoire. Le peu de mouvement autour du porteur de balle associé à un manque d’agressivité criant mettra longtemps dans ce match les Gunners en déroute. Jusqu’à la 56ième minute, précisément, moment choisi par Alexandre Lacazette pour faire se lever les 60 000 âmes de l’Emirates, qui n’attendait qu’un trait de génie pour exulter. Sur une passe d’Aaron Ramsey, l’attaquant français décoche une frappe enroulé imparable dans la lucarne gauche de Jordan Pickford. 1-0. Everton, KO debout, ne s’en remettra pas, et encaissera le but du 2 à 0 seulement trois minutes plus tard, sur un contre conclu (qui plus est hors-jeu) par Pierre-Emerick Aubameyang. Empreint de maitrise face à un adversaire désormais résigné, la dernière demie heure sera une formalité pour les Gunners, qui s’adjugeront ce match 2 buts à 0.

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Bilan du match

Malgré un résultat positif, un inquiétant constat vient assombrir le ciel des hommes d’Unaï Emery. Les Gunners ne semblent maitriser leur sujet qu’une fois la situation en leur faveur, à l’image de ce match. Les Canonniers ont pris l’ascendant mais également de l’assurance dans leur jeu qu’une fois le premier but inscrit par Alexandre Lacazette, renvoyant ainsi l’image d’une équipe mentalement friable, incapable de se transcender au plus fort de la tempête, et dont la capacité de répondre au duel proposé ne dépend que du résultat du match. De mauvaise augure en vue des futurs gros matchs du championnat. Désormais 6ième de Premier League avec 12 points, Arsenal revient ainsi à une unité de la quatrième place qu’occupe Watford, qu’ils recevront le week-end prochain pour le compte de la 7ème journée. Le coup sera en revanche difficile à encaisser du côté de la Mersey, tant le résultat semble sévère pour les Toffees. Dominateur une grande partie du match et irréprochable dans l’engagement, les hommes de Marco Silva n’auront cependant pas su convertir leur 9 occasions de buts, se heurtant inéluctablement sur le portier des Gunners. Actuel 12ième du championnat avec 6 points, ils recevront Fulham, 15ième, samedi prochain à Goodison Park. Un match qu’il ne faudra en aucun cas perdre, au risque de fleurter encore un peu plus dangereusement avec les abîmes de la Premier League.

Up and down

UP

Malgré la défaite, le milieu défensif droit d’Everton Idrissa Gueye aura presque à lui seul endigué les allants offensifs d’Arsenal. Avec 15 duels dont 12 gagnés, 58 ballons joués pour un seul perdu, 10 tacles, 3 interceptions et 82% de passes réussis, l’international sénégalais aura été impressionnant de maitrise, au cœur d’un milieu de terrain adverse pourtant fourni en talent. A la récupération comme à la relance, Idrissa Gueye aura été le meilleur Toffees en ce dimanche anglais. Hauteur de 6 arrêts décisifs, Petr Cech est le Man Of The Match de cette rencontre. A 36 ans, le Tchèque démontre son importance capitale sur le terrain, sortant une nouvelle fois Arsenal d’un match pourtant bien mal engagé.

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La bonne surprise de cette fin de match fut l’entrée d’Alex Iwobi. Le jeune attaquant aura apporté toute son envie et sa détermination en enclenchant le pressing de son équipe, parfois même lors de course de 80 mètres, tuant ainsi toutes velléités potentielle d’Everton à revenir dans ce match. Le nigérian aura également proposé de nombreuses solutions offensives, multipliant les appels tranchants. Un fighting spirit essentiel pour espérer réaliser une grande saison, mais dont le club de la capitale manque cruellement.

DOWN

A l’inverse du jeune Iwobi, Granit Xhaka et Mesut Özil auront été le visage du manque d’engagement évident des Londoniens. Trop lent dans les transitions, le milieu suisse aura perdu le contrôle du ballon à de trop nombreuses reprises, n’apportant à l’équipe rien de plus qu’un improductif jeu de passe vers l’arrière. L’Allemand, lui, n’aura en rien pesé sur cette rencontre. Encore. Nonchalant et sans réelle envie de se battre pour le collectif, il est une nouvelle fois décevant dans son supposé rôle de leader.

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Pour sa première titularisation en Premier League, l’Uruguayen Lucas Torreira se retrouve dans notre rubrique Down. Le néo Gunners perd des points dans sa lutte avec Matteo Guendouzi, lui qui fut dominé dans l’entrejeu par le milieu de terrain d’Everton. Si le jeune international de la Celeste devait être celui qui agresse le porteur de balle adverse, c’est finalement lui qui s’est trouvé acculé sous le feu du pressing des Toffees. Défaillant dans son de passe vers l’avant censé casser les lignes adverses, Lucas Torreira n’a cependant pas été aidé, il est vrai, par le peu de solutions proposées par ses partenaires.